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des écritures contemporaines

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Résistance et liberté

12 mai 2023. Conversation avec Beata Umubyeyi Mairesse (Consolée, Autrement, 2022), Abdelaziz Baraka Sakin (La Princesse de Zanzibar, Éditions Zulma, 2022, trad. Xavier Luffin) et Kaouther Adimi (Au vent mauvais, Seuil, 2022) modérée par Kerenn Elkaïm. En partenariat avec le Prix Montluc Résistance et Liberté et la librairie le Bal des Ardents.

Beata Umubyeyi Mairesse

« Quand je suis arrivée en France, on me disait que j’étais noire. Alors qu’étant métisse, au Rwanda, j’étais considérée comme blanche. Pour maîtriser cette image que me renvoyaient les Français, j’ai lu des récits sur l’histoire des noirs. (…) J’écris depuis une expérience de silenciation. Il y a plusieurs façons d’imposer le silence aux gens : parler à leur place et leur refuser la parole parce que c’est indicible. Depuis ces 2 expériences, j’écris avec l’idée que maintenant, il faut nous entendre. »

Kaouther Adimi

« J’ai lu La Bibliothèque verte et les auteurs français. Je me suis intéressée à la littérature algérienne seulement quand je suis arrivée en France. Quand j’étais petite, pour moi, un écrivain c’était un homme et il était mort. Donc je n’ai jamais pu me projeter. (…) Je questionne aussi l’exotisme des conflits dans les œuvres d’auteurs qui écrivent sur une situation qu’ils n’ont pas vécue. Et ceux qui les applaudissent. (…) La résistance se heurte toujours au fait qu’on n’est que des hommes, et non pas des surhommes. La résistance a un prix extrêmement élevé : les résistants risquent leur liberté mais aussi celle de leurs proches. »

Abdelaziz Baraka Sakin

« Au Soudan, une loi détermine ce qu’un auteur peut écrire ou pas en fonction des us et coutumes. Mais il y a 10 000 ethnies différentes : de quelles coutumes on parle ? Donc l’auteur au Soudan doit résister ou ne rien écrire. J’ai décidé de résister. (…) À l’école, au Soudan, on ne nous enseignait que la littérature arabe, pas les œuvres des Soudanais. Parce que le gouvernement a décidé que le Soudan est un État arabe. On nous coupe de nos racines en tant que Soudanais et Africain. (…) Quand tu entres dans une prison, tu oublies tout ce que tu as lu, les valeurs qu’on t’a transmises. En prison, j’ai été dans une minuscule cellule pour brigands, sans fenêtre. J’avais besoin de lire, c’était vital. »

  • Saison 2022/2023

Résistance et liberté

12 mai 2023. Conversation avec Beata Umubyeyi Mairesse (Consolée, Autrement, 2022), Abdelaziz Baraka Sakin (La Princesse de Zanzibar, Éditions Zulma, 2022, trad. Xavier Luffin) et Kaouther Adimi (Au vent mauvais, Seuil, 2022) modérée par Kerenn Elkaïm. En partenariat avec le Prix Montluc Résistance et Liberté et la librairie le Bal des Ardents.

Beata Umubyeyi Mairesse

« Quand je suis arrivée en France, on me disait que j’étais noire. Alors qu’étant métisse, au Rwanda, j’étais considérée comme blanche. Pour maîtriser cette image que me renvoyaient les Français, j’ai lu des récits sur l’histoire des noirs. (…) J’écris depuis une expérience de silenciation. Il y a plusieurs façons d’imposer le silence aux gens : parler à leur place et leur refuser la parole parce que c’est indicible. Depuis ces 2 expériences, j’écris avec l’idée que maintenant, il faut nous entendre. »

Kaouther Adimi

« J’ai lu La Bibliothèque verte et les auteurs français. Je me suis intéressée à la littérature algérienne seulement quand je suis arrivée en France. Quand j’étais petite, pour moi, un écrivain c’était un homme et il était mort. Donc je n’ai jamais pu me projeter. (…) Je questionne aussi l’exotisme des conflits dans les œuvres d’auteurs qui écrivent sur une situation qu’ils n’ont pas vécue. Et ceux qui les applaudissent. (…) La résistance se heurte toujours au fait qu’on n’est que des hommes, et non pas des surhommes. La résistance a un prix extrêmement élevé : les résistants risquent leur liberté mais aussi celle de leurs proches. »

Abdelaziz Baraka Sakin

« Au Soudan, une loi détermine ce qu’un auteur peut écrire ou pas en fonction des us et coutumes. Mais il y a 10 000 ethnies différentes : de quelles coutumes on parle ? Donc l’auteur au Soudan doit résister ou ne rien écrire. J’ai décidé de résister. (…) À l’école, au Soudan, on ne nous enseignait que la littérature arabe, pas les œuvres des Soudanais. Parce que le gouvernement a décidé que le Soudan est un État arabe. On nous coupe de nos racines en tant que Soudanais et Africain. (…) Quand tu entres dans une prison, tu oublies tout ce que tu as lu, les valeurs qu’on t’a transmises. En prison, j’ai été dans une minuscule cellule pour brigands, sans fenêtre. J’avais besoin de lire, c’était vital. »

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