Charles Stépanoff

Qu’il se penche sur les mondes invisibles des rituels chamaniques en Sibérie ou sur les pratiques de chasse dans les communes rurales françaises, Charles Stépanoff ne cesse d’interroger le rapport paradoxal de l’humain au non-humain. Après des études de philosophie à l'École Normale Supérieure, il se lance dans l’anthropologie et soutient une thèse sur le chamanisme de peuples turcophones de Sibérie du Sud (2007). Directeur d'études à l’École pratique des hautes études (chaire « Religions de l’Asie septentrionale et de l’Arctique ») et membre du Laboratoire d’anthropologie sociale du Collège de France, il mène aussi de longues enquêtes de terrain. C’est à partir d’elles qu’il appuie ses réflexions sur les rites, les mythologies ou le néochamanisme occidental – comme dans Le chamanisme de Sibérie et d’Asie centrale (Gallimard, 2011) co-écrit avec Thierry Zarcone.
Son dernier ouvrage, L’Animal et la mort. Chasses, modernités et crises du sauvage (La Découverte, 2021) interroge la violence exercée par l’homme sur le vivant. Il est l’aboutissement d’une enquête de deux ans où l’anthropologue s’est immergé dans les milieux ruraux français pour y comprendre les rapports complexes entre chasse, protection et compassion. L’auteur s’appuie aussi sur l’histoire et la philosophie pour analyser en profondeur les rituels ruraux, les résistances à la modernité et l’érosion de la biodiversité.