maison internationale
des écritures contemporaines
maison internationale des écritures contemporaines
Hervé
Mazurel
Auteur
/ France
Ethno-historien des affects et des imaginaires, Hervé Mazurel est maître de conférences à l’Université de Bourgogne, chercheur au LIR3S et Visiting professor en philosophie à l’Université libre de Bruxelles en 2024. Codirecteur de la revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales (Anamosa), il a publié avec Alain Corbin le collectif Histoire des sensibilités (PUF, 2022) et co-dirigé un récent numéro de L’Homme sur « L’expérience sensible ». Soucieux également de favoriser le dialogue des disciplines de la psyché et des sciences sociales, il a récemment fait paraître Kaspar l’obscur ou l’enfant de la nuit, puis L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire (La Découverte, 2020 & 2021).
Thématiques abordées par l'auteur : sciences sociales, histoire
Profondeurs, métamorphoses et révolutions de la vie affective
La Découverte
2021
Et si l'inconscient lui-même n'échappait pas à l'histoire ? En le situant au-delà du social, au-delà de l'histoire, Freud a laissé la psychanalyse prisonnière d'un postulat encombrant. Il a fait comme si la structure de la personnalité qu'il observait chez ses patients viennois à la fin du XIXe siècle touchait à l'homme éternel et non aux représentants d'une époque, d'une culture, d'un univers social particuliers.
Nourri d'histoire des sensibilités, de sociologie psychologique et d'anthropologie critique, ce livre voudrait montrer en quoi notre vie psychique profonde est tout imprimée d'histoire. Pour s'en convaincre, il n'est qu'à scruter, sur la longue durée, les lentes transformations du refoulement pulsionnel et du contrôle des émotions. Elles sont étroitement corrélées aux révolutions silencieuses de nos moeurs, aux altérations souterraines de notre vie affective, aux déplacements discrets des désirs et des interdits, des seuils de pudeur et des frontières de l'intime. De là il faut conclure à l'existence de troubles d'époque et de névroses de classe. Et puis songer aussi au perpétuel renouvellement des fantasmes à partir desquels se meuvent les êtres intérieurs, aux variations du symbolisme des rêves, calquées sur les évolutions de l'imaginaire social et non sur des archétypes universels, ou encore aux mutations sourdes des complexes psycho-affectifs (dont l'OEdipe) au gré des métamorphoses de la famille, de la parenté et des rapports de genre.
Cet ouvrage invite ainsi la psychanalyse et toutes les sciences psychologiques à considérer qu'il a sans doute fallu des siècles d'histoire pour façonner les inconscients qui sont les nôtres. Une chose paraît d'ailleurs certaine : à trop séparer la psyché du social-historique, nous avons longtemps ignoré jusqu'à quel point notre vie affective et psychique demeure, dans ses strates les plus enfouies et obscures, pétrie de social et d'histoire.
Légende et crédits photo : Litterature Live festival les Subs lyon le 24 mai 2024
Hervé
Mazurel
Auteur
/France
Ethno-historien des affects et des imaginaires, Hervé Mazurel est maître de conférences à l’Université de Bourgogne, chercheur au LIR3S et Visiting professor en philosophie à l’Université libre de Bruxelles en 2024. Codirecteur de la revue Sensibilités. Histoire, critique et sciences sociales (Anamosa), il a publié avec Alain Corbin le collectif Histoire des sensibilités (PUF, 2022) et co-dirigé un récent numéro de L’Homme sur « L’expérience sensible ». Soucieux également de favoriser le dialogue des disciplines de la psyché et des sciences sociales, il a récemment fait paraître Kaspar l’obscur ou l’enfant de la nuit, puis L’Inconscient ou l’oubli de l’histoire (La Découverte, 2020 & 2021).
Profondeurs, métamorphoses et révolutions de la vie affective
La Découverte
2021
Et si l'inconscient lui-même n'échappait pas à l'histoire ? En le situant au-delà du social, au-delà de l'histoire, Freud a laissé la psychanalyse prisonnière d'un postulat encombrant. Il a fait comme si la structure de la personnalité qu'il observait chez ses patients viennois à la fin du XIXe siècle touchait à l'homme éternel et non aux représentants d'une époque, d'une culture, d'un univers social particuliers.
Nourri d'histoire des sensibilités, de sociologie psychologique et d'anthropologie critique, ce livre voudrait montrer en quoi notre vie psychique profonde est tout imprimée d'histoire. Pour s'en convaincre, il n'est qu'à scruter, sur la longue durée, les lentes transformations du refoulement pulsionnel et du contrôle des émotions. Elles sont étroitement corrélées aux révolutions silencieuses de nos moeurs, aux altérations souterraines de notre vie affective, aux déplacements discrets des désirs et des interdits, des seuils de pudeur et des frontières de l'intime. De là il faut conclure à l'existence de troubles d'époque et de névroses de classe. Et puis songer aussi au perpétuel renouvellement des fantasmes à partir desquels se meuvent les êtres intérieurs, aux variations du symbolisme des rêves, calquées sur les évolutions de l'imaginaire social et non sur des archétypes universels, ou encore aux mutations sourdes des complexes psycho-affectifs (dont l'OEdipe) au gré des métamorphoses de la famille, de la parenté et des rapports de genre.
Cet ouvrage invite ainsi la psychanalyse et toutes les sciences psychologiques à considérer qu'il a sans doute fallu des siècles d'histoire pour façonner les inconscients qui sont les nôtres. Une chose paraît d'ailleurs certaine : à trop séparer la psyché du social-historique, nous avons longtemps ignoré jusqu'à quel point notre vie affective et psychique demeure, dans ses strates les plus enfouies et obscures, pétrie de social et d'histoire.