Avec La traversée, la Villa Gillet et l’Institut français du Maroc accompagnent trois autrices marocaines dans le développement de leur projet littéraire. Un programme de mentorat transnational qui encourage la circulation des œuvres et des imaginaires entre les deux rives de la Méditerranée.
Ghalia Kadiri nous présente son projet littéraire :
Mon parcours a commencé dans le journalisme. Après un long combat intérieur, j’ai dérivé vers un autre terrain : celui de la mémoire intime, des blessures héritées et des secrets transmis en silence. En enquêtant sur ma famille, j’ai découvert comment les récits tronqués de ma propre histoire avaient creusé dans ma chair des blessures de colère que j’avais ignorées tout ce temps.
Les mots tus ont fini par hurler en moi. Ceux de mes ancêtres, ceux de Dada, une aïeule esclave dont j’ignorais l’existence. Et alors je me suis demandé pourquoi les femmes de ma lignée avaient enfoui cette ascendance. Pourquoi elles s’étaient acharnées, génération après génération, à effacer nos racines, à creuser en moi un vide dont je ne connaissais pas l’origine.
L’écriture littéraire est alors devenue une nécessité intérieure, une manière de faire remonter ce qui a été transmis dans ce silence opaque, enseveli dans les corps, dans les lignées. C’est de ce bouleversement, de cette tempête qui gronde en moi, qu’est née l’idée de mon premier roman, nourri d’une matière autobiographique, mais pensé comme un travail de fiction. Écrire cette histoire, c’est tenter de transformer cet héritage en mouvement. Faire de cette remontée une forme de reconstruction, peut-être même une seconde naissance.
Je me trouve aujourd’hui entre deux rives, celle du journalisme et de la littérature. C’est précisément ce que j’attends de ce programme de mentorat : être accompagnée dans cette Traversée, jusqu’à trouver la voix propre de ce roman.



Avec La traversée, la Villa Gillet et l’Institut français du Maroc accompagnent trois autrices marocaines dans le développement de leur projet littéraire. Un programme de mentorat transnational qui encourage la circulation des œuvres et des imaginaires entre les deux rives de la Méditerranée.
Ghalia Kadiri nous présente son projet littéraire :
Mon parcours a commencé dans le journalisme. Après un long combat intérieur, j’ai dérivé vers un autre terrain : celui de la mémoire intime, des blessures héritées et des secrets transmis en silence. En enquêtant sur ma famille, j’ai découvert comment les récits tronqués de ma propre histoire avaient creusé dans ma chair des blessures de colère que j’avais ignorées tout ce temps.
Les mots tus ont fini par hurler en moi. Ceux de mes ancêtres, ceux de Dada, une aïeule esclave dont j’ignorais l’existence. Et alors je me suis demandé pourquoi les femmes de ma lignée avaient enfoui cette ascendance. Pourquoi elles s’étaient acharnées, génération après génération, à effacer nos racines, à creuser en moi un vide dont je ne connaissais pas l’origine.
L’écriture littéraire est alors devenue une nécessité intérieure, une manière de faire remonter ce qui a été transmis dans ce silence opaque, enseveli dans les corps, dans les lignées. C’est de ce bouleversement, de cette tempête qui gronde en moi, qu’est née l’idée de mon premier roman, nourri d’une matière autobiographique, mais pensé comme un travail de fiction. Écrire cette histoire, c’est tenter de transformer cet héritage en mouvement. Faire de cette remontée une forme de reconstruction, peut-être même une seconde naissance.
Je me trouve aujourd’hui entre deux rives, celle du journalisme et de la littérature. C’est précisément ce que j’attends de ce programme de mentorat : être accompagnée dans cette Traversée, jusqu’à trouver la voix propre de ce roman.