Après un processus de sélection de plusieurs mois et parmi 160 candidates et candidats, la Villa Gillet vous présente Djamel Bouchenaki, l’un des deux lauréats du programme de mentorat Le temps d’écrire, en coproduction avec ¡Viva Villa!.
Écrire, avoir un mentor, être accompagné, partager ce que j’écris, si l’on m’avait dit ces choses il y a encore quelques années, j’aurais regardé mon interlocuteur avec méfiance et incrédulité, hésitant entre le rêve et la mauvaise blague. À mes yeux, l’écriture est sectaire, c’est une activité de reclus, je l’ai toujours vue de la sorte, et mon regard n’a pas changé et ne changera probablement pas. Oui, ce sont eux qui écrivent, différents de ceux qui racontent ou partagent. Je parle de ceux qui aiment les tranchées, les marges, les espaces liminaires, là où l’œil de l’autre ne voit plus, où le bras tendu est idéalement trop court, à la plus parfaite des distances.
Alors, pourquoi le mentorat aujourd’hui ? C’est tout simple, en fait : nul ne comprend mieux un reclus qu’un autre de son espèce. C’est toute une tradition, une agglomération de noms, de marginaux, d’oubliés, de rejetés, et ils étaient tous là, à attendre, sagement parfois, d’autres fois avec sauvagerie, à attendre le nouveau rejeton, celui qui allait agrandir la famille par un cri, rauque, bien sûr ; la maison n’accepte pas les belles voix, elle ne cherche pas ça, loin de l’artifice, des cosmétiques. La maison veut le strident, le cassant, le brut. Elle envoie des invitations, un peu partout ; la maison ne fait pas de discrimination. Elle connaît tous ses enfants. Les invitations ne sont jamais refusées. Les reclus sont au fond grégaires. Ils répondent à l’appel, respectent la tradition, se déversent dedans, ajoutent leurs portraits à l’album de famille. Dans le noir depuis si longtemps, comment ne pas se laisser raccompagner chez soi par une aînée ?
Louisa Yousfi a appelé, la Villa Gillet, toute la famille. Je n’ai fait que répondre. L’invitation ne se refuse pas. C’est le temps d’écrire après tout.



Après un processus de sélection de plusieurs mois et parmi 160 candidates et candidats, la Villa Gillet vous présente Djamel Bouchenaki, l’un des deux lauréats du programme de mentorat Le temps d’écrire, en coproduction avec ¡Viva Villa!.
Écrire, avoir un mentor, être accompagné, partager ce que j’écris, si l’on m’avait dit ces choses il y a encore quelques années, j’aurais regardé mon interlocuteur avec méfiance et incrédulité, hésitant entre le rêve et la mauvaise blague. À mes yeux, l’écriture est sectaire, c’est une activité de reclus, je l’ai toujours vue de la sorte, et mon regard n’a pas changé et ne changera probablement pas. Oui, ce sont eux qui écrivent, différents de ceux qui racontent ou partagent. Je parle de ceux qui aiment les tranchées, les marges, les espaces liminaires, là où l’œil de l’autre ne voit plus, où le bras tendu est idéalement trop court, à la plus parfaite des distances.
Alors, pourquoi le mentorat aujourd’hui ? C’est tout simple, en fait : nul ne comprend mieux un reclus qu’un autre de son espèce. C’est toute une tradition, une agglomération de noms, de marginaux, d’oubliés, de rejetés, et ils étaient tous là, à attendre, sagement parfois, d’autres fois avec sauvagerie, à attendre le nouveau rejeton, celui qui allait agrandir la famille par un cri, rauque, bien sûr ; la maison n’accepte pas les belles voix, elle ne cherche pas ça, loin de l’artifice, des cosmétiques. La maison veut le strident, le cassant, le brut. Elle envoie des invitations, un peu partout ; la maison ne fait pas de discrimination. Elle connaît tous ses enfants. Les invitations ne sont jamais refusées. Les reclus sont au fond grégaires. Ils répondent à l’appel, respectent la tradition, se déversent dedans, ajoutent leurs portraits à l’album de famille. Dans le noir depuis si longtemps, comment ne pas se laisser raccompagner chez soi par une aînée ?
Louisa Yousfi a appelé, la Villa Gillet, toute la famille. Je n’ai fait que répondre. L’invitation ne se refuse pas. C’est le temps d’écrire après tout.