Parole à Peter Hinke (Allemagne)

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En partenariat avec le Goethe Institut Lyon

Comment allez-vous, pendant cette pandémie, en tant que libraire et éditeur ?

Nous nous en sortons relativement bien. Au cours des dernières semaines, nous avons trouvé des moyens complexes de vendre nos livres via une «trappe à hamster», et avons ainsi pu réaliser des ventes, donc pas de perte totale contrairement à de nombreux autres professionnels de la culture ou de la gastronomie, par exemple. Pour les libraires et les éditeurs, les vrais problèmes liés à la pandémie ont commencé début mars. Lorsque la Foire du livre de Leipzig, la plus grande et la plus importante foire de livres en Allemagne au printemps, a été annulée une semaine avant son début. En tant que librairie, nous avons préparé un joli programme de lectures provisoire pour les visiteurs, dont beaucoup n’ont pas pu annuler leurs hôtels, ce qui a été largement apprécié. Une semaine plus tard, il y a eu le confinement, plus rien ne fonctionnait, en un jour le monde a changé. Nos librairies ont été fermées pendant cinq semaines, mais nous avons eu l’autorisation de vendre des livres précommandés via la “trappe à hamster” (un garçon de neuf ans nous a fait un dessin avec un livre et un hamster, c’est devenu une sorte de logo pour nous), et la vente par correspondance fonctionne bien, grâce à la solidarité de nos clients. Nous avons donc survécu à une période très difficile, qui a maintenant été remplacée par une sorte de vie quotidienne avec le Corona, car beaucoup de choses sont encore fermées aujourd’hui et la vie publique a probablement encore besoin de quelques mois pour recommencer.

Quelles sont, selon vous, les conséquences à long terme de cette crise pour votre librairie et les éditeurs/le monde littéraire en général ?

Je pense que le monde de l’édition et des librairies renaîtra. Les problèmes de l’industrie du livre existaient déjà auparavant. Je pense que les grandes librairies en termes de surface auront de plus en plus de problèmes à se débrouiller, tandis que les petits magasins sont plus créatifs et flexibles. Ces dernières semaines, nous avons-nous-mêmes communiqué massivement via notre site internet et Instagram, ce que nous n’avons pas fait ainsi auparavant. Mais nous ne sommes bien évidemment pas un expéditeur classique, et nous ne voulons pas l’être non plus. Il est important que dans notre magasin, les gens puissent prendre un livre dans les mains. Cela restera important, et le programme culturel reviendra, mais le temps de l’entre-deux est difficile. 

Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir en ce moment ?

La solidarité de nos clients, de nos lecteurs, est tout simplement formidable. Cela nous a soutenus et montre également que nous pouvons réussir à l’avenir. En outre, le retrait temporaire du commerce du livre d’Amazon en Allemagne a montré que les conséquences sont fatales si un secteur ne reste pas indépendant. Pour nous indépendants, c’est un signe qu’il vaut mieux rester petit et que tout doit rester gérable. Un “plus haut plus rapide plus loin” n’a pas de sens. Nous espérons également que les gens continueront d’acheter localement, comme ils ont dû le faire au cours des dernières semaines, qu’ils apprécient ce qu’ils ont sur place. Surtout ici à Leipzig, une ville pleine de joie de vivre et de culture, qui renaîtra.

Wie geht es Ihnen in Zeiten von Corona als Buchhändler und Verleger?
Es geht uns verhältnismäßig gut. Wir haben in den letzten Wochen verschlungene Wege gefunden unsere Bücher über eine “Hamsterklappe” zu verkaufen und hatten deshalb auch Umsätze, also keinen Totalverlust im Gegensatz zu vielen anderen Kulturschaffenden oder zum Beispiel zur Gastronomie. Die eigentlichen Corona-Probleme für die Buchhändler und Verleger begannen Anfang März. Als eine Woche vor Beginn die Leipziger Buchmesse, der größte und wichtigste deutsche Branchentreff im Frühling abgesagt wurde. Als Buchhandlung bereiteten wir für die Gäste, von denen viele ihre Hotels nicht absagen konnten, noch ein schönes provisorisches Leseprogramm vor, welches dankbar angenommen wurde. Eine Woche später gab es den Lockdown, nichts ging mehr, innerhalb von einem Tage hatte sich die Welt verwandelt. Auch unsere Buchhandlungen waren 5 Wochen geschlossen, wir durften aber über die “Hamsterklappe” (ein neunjähriger Junge hat uns eine Bücher-Hamsterillustration gezeichnet, die wurde quasi unser Logo) vorbestellte Bücher verkaufen, außerdem hatten wir noch ein gutes, von der Solidarität unserer Kunden getragenes Versandgeschäft. So überstanden wir die sehr schwierige Zeit, die nun von einer Art des Corona-Alltags abgelöst wurde, da ja bis heute noch viel geschlossen ist und das öffentliche Leben wohl noch Monate braucht, um wieder in Gang zu komme. 

Was sind Ihrer Meinung nach die langfristigen Folgen dieser Krise für Ihren Buchladen und Verlage / den Literaturbetrieb allgemein?

Ich glaube, die Verlags- und Buchhandelslandschaft wird wieder auferstehen. Die Probleme, die die Branche hat, bestanden auch vorher. Ich glaube, stationäre Großflächen haben immer mehr Probleme, klarzukommen, währenddessen kleinere Läden kreativer und flexibler sind. Wir selbst haben in den letzten Wochen massiv über unsere Internetseite und über Instagram kommuniziert, das gab es in dieser Form vorher auch nicht. Aber wir sind natürlich kein klassischer Versender und wollen es auch nicht sein. Es ist wichtig, daß die Leute im Laden ein Buch in die Hand nehmen können. Das wird weiter wichtig sein, auch der Veranstaltungsbetrieb wird wieder kommen, die Zeit dazwischen ist natürlich hart.

Was gibt Ihnen Hoffnung in dieser Zeit?
Die Solidarität unserer Kunden, unserer Leser ist einfach großartig. Das hat uns getragen und zeigt auch, daß wir es in Zukunft schaffen können. Zudem war der zeitweilige Rückzug von Amazon Deutschland aus dem Buchgeschäft ein Fingerzeig, daß es fatale Folgen hat, wenn eine Branche nicht unabhängig bleibt. Für uns Independents ist es ein Zeichen, daß man lieber klein bleiben und alles überschaubar sein sollte. Ein “Höher Schneller Weiter” macht wenig Sinn. Weiterhin hoffen wir, daß die Menschen hier weiterhin lokal einkaufen, so wie sie es in den letzten Wochen praktizieren mussten, daß sie schätzen, was sie vor Ort haben. Gerade hier in Leipzig, einer Stadt voller Lebensfreude und Kultur, die wieder auferstehen wird.