Paul Preciado

Philosophe et écrivain espagnol, Paul B. Preciado choisit désormais le masculin pour s’identifier, ce qui n’a pas toujours été le cas. Il s’appelait Beatriz Preciado jusqu'en 2015, traversant la frontière du genre de femme à un genre fluide, a celle de ne pas appartenir à un genre du tout, jusqu'à s'identifier aujourd'hui à celui d'homme. Il fait des études de philosophie à la New School, puis à Princeton pour un doctorat, d'où il tirera l'ouvrage Pornotopie : Playboy et l'invention de la sexualité multimédia (Climats, 2011, trad. Serge Mestre). Paul B. Preciado pense à partir du corps, à partir de la philosophie du XX et XXI ème et se nourrit de french theory de Derrida ou encore de Foucault. Les concepts nouveaux qu'il en dégage permettent de penser la fluidité du genre, de penser le sexe comme central dans notre manière de percevoir le monde.
Paul B. Preciado se fait défenseur de l’antiracisme, du féminisme radical et du transféministe qu’il définit comme "un projet politique non essentialiste, un féminisme radicalement élargi, planétaire, anticolonial et écologique" dans un article du Monde , où ses propos sont recueillis par Zineb Dryef.
Lorsqu'il est invité aux Journées internationales de l'École de la Cause Freudienne en novembre 2019, son intervention déclenche un tel débat entre les experts que Paul B. Preciado décide de publier son intervention dans son intégralité dans Je suis un monstre qui vous parle (Grasset, 2020). Depuis 2013, il écrit régulièrement des chroniques sur le genre, la sexualité, l'amour et la bio-politique dans Libération qu'il rassemble en partie dans le recueil Un appartement sur Uranus (Fitzcarraldo Editions, 2019, trad. Charlotte Mandell).