ANNULÉ // Performance / Puzzle. Compagnie Tramaluna

mercredi 18 mars 2020 de 19h30 à 21h00
  • ÉVÉNEMENT ANNULÉ -

Dans le cadre de Magnifique Printemps, un événement organisé en partenariat avec l'Espace Pandora, Magnifique Printemps, la Villa Gillet, l'INSPÉ de Lyon, la Mairie de Lyon 4ème et le Centre National de la Danse dans le cadre des "accueils studios".

Trois performeurs, une poète. Un même espace à investir, à conquérir : celui du poème.

Des langues poreuses, curieuses, avides d'être transposées, malmenées. Et des corps de gestes, de sons, de mots.
Parcourir les espaces de rencontres possibles pour que le poétique franchisse d'une langue, l'autre ; transpire, s'affirme, se matérialise autrement, dans le truchement des élans.
Déployer une écoute subtile, par l'accord de nos respirations, par le jeu des présences.
Et trouver des sens nouveaux.

Avec
Olivier Gabrys, chorégraphe et danseur entendant
Géraldine Berger, comédienne et danseuse entendante, locutrice en LSF
Julia Pelhate, comédienne sourde, traductrice en LSF

et en présence et voix de Virginie Poitrasson, poète invitée de "Magnifique Printemps"

Conseiller artistique entendant, locuteur en LSF : Aurélien Mancino
Scénographie : Stéphane Cavallini
Communication : Manuèle Berry

Production : Cie TramaLuna

PUZZLE a été retenu dans le cadre de l’appel à projet 2019/2020 « Recherche en théâtre et arts du geste » du Ministère de la Culture (DGCA), qui s’inscrit dans la stratégie de recherche du Ministère en soutien à des programmes de recherche de création.

Ce laboratoire de recherche est également soutenu par Le Bateau Feu, Scène Nationale de Dunkerque, dans le cadre d'un accueil et d'une aide à la résidence et par l'IVT, International Visual Théâtre, en terme de ressource au travers de l'apport de matériaux poétiques signés.

à partir de 8 ans

Photo : © Cie TramaLuna

  • Pour une porosité des espaces -

Les supports écrits, retenus pour les premières étapes du laboratoire de recherche artistique "PUZZLE" reflètent tous de notre fragilité à être, de notre capacité, toujours, à grandir, à faire face, en nous adaptant, à ce qui nous dépasse, à ce qui n'est pas sûr.
Ils convoquent une dimension complexe de la présence humaine, à la fois pleine, habitée, et toujours en mouvement, incomplète.
Ils attestent d'un va-et-vient entre confiance de l'expérience à vivre et à venir, et une remise en questions de nos appuis, de nos racines, de nos fondements.
Ils nous invitent à regarder les vides, à y engager la main et le reste du corps, à faire exister, pour nous et pour d'autres, la lumière – au sens anatomique, l'espace d'échange et de circulation qui se déploie à l'intérieur d'un organisme.

Ces poèmes, composés ou traduits en français ou en langue des signes française, interrogent la porosité de nos espaces de vie, de nos espaces à vivre. Porosité qui révèle notre disponibilité à l'autre, au monde.
À travers des élans de vie, des échanges, des adresses d'intentions poétiques.
Espaces du corps qui respire et sans cesse se nourrit.
Espaces de nos bâtis, de nos architectures, de nos abris qui, par leur structure, leur aménagement, reflètent nos identités et nos états de pensée.
Espaces de la langue, ouverts à de nouveaux apports, à l'évolution des concepts et des notions.
Au métissage.
Espaces du poème, enfin, qui dans ses blancs, ses vides et ses silences, laissent, au-delà des mots et des signes, les portes ouvertes aux interprétations et à la création nouvelle de chacun d'entre nous.

"Propulser les parois : travail des révolutions. La voix est un événement muet. Le poème, une émeute. Qui affronte le continu explose. La structure du continu est la déflagration, un discontinu devenu muet et passé à structure du réel. Ainsi progressent les révolutions. Pas seulement à traverser : à éclater et que cela soit muet, et ce muet, une tonicité, et alors tout à fait sauvage. Au point mort : la sauvagerie. Incorporer un rapport à un point violemment qu'il rejaillit inconnu au sein d'une forme qui apparaît dans une évidence et une paix, rejoindre une dislocation, une annulation et une rupture qui est aussi celle que l'on porte, s'affranchir de la langue et de soi en s'y portant sur une modalité autre et produire une langue inconnue qui s'affranchit de l'énoncé, qui passe tout énoncé, n'est pas encore un énoncé, force la parole à se taire."
Victor Martinez, Carnets du Muet
Éditions fissile, 2016