11 mai 2022

Nos coups de cœur étrangers — Littérature Live 2022

50 auteurs du France et du monde participent toute la semaine du 16 au 22 mai aux rencontres du festival Littérature Live – festival international de littérature de Lyon. Nous vous présentons les coups de cœur étrangers de la Villa Gillet pour l’année 2021-2022. C’est par ces auteurs que la programmation du festival démarre : pour certains, nous travaillons depuis des mois avec leurs éditeurs pour organiser leur venue en France et à la rencontre de leurs lecteurs.
Voici les 12 auteurs :

Maaza Mengiste / États-Unis


Maaza Mengiste a trois ans lorsque la Révolution éthiopienne éclate en 1974. Sa famille fuit au Nigeria, puis au Kenya avant de s'installer définitivement aux États-Unis. Saluée par la critique américaine, son œuvre paraît pour la première fois en France à L'Olivier. À la recherche des récits perdus de ses parents, Maaza Mengiste s'est donné pour tâche de réinventer les mythes nationaux et d’écrire une « Iliade au féminin » mettant les femmes au centre de l’écriture de l'histoire : depuis son premier roman Sous le regard du lion (Actes Sud, 2012, trad. Céline Schwaller), jusqu'au Roi fantôme(L’Olivier, 2022, trad. Serge Chauvin), finaliste du prestigieux International Booker Prize en 2020.
Soirée d'ouverture | Reconquérir les imaginaires, Théâtre de la Croix-Rousse | Lundi 16 mai | 19h


Ilya Kaminsky / Ukraine


Né à Odessa, Ilya Kaminsky est un poète, critique, traducteur américain d'origine ukrainienne, dont le recueil République sourde (2019) est publié en traduction française chez Christian Bourgois. Des extraits de ses poèmes seront lus par le lauréat du prix Franz Hessel Camille de Toledo, parmi une sélection de textes de 8 écrivains ukrainiens contemporains lus chacun par un auteur invité du festival lors de la soirée d’ouverture. Pendant toute la durée du festival, ses textes seront lisibles dans l’espace public de la ville de Lyon dans des créations graphiques de Léa Audouze et Margot Duvivier.
Lire l'Ukraine, Écrire l'Europe, Théâtre de la Croix-Rousse | Lundi 16 mai | 20h30
Affichages Littérature dans la ville , 16-22 mai | En collaboration avec le musée de l'Imprimerie et de la Communication graphique


Claudia Durastanti / Italie


« Grandir allait toujours être pour moi échapper à quelque chose, et m’étonner de m’en sortir. » Avec L’Étrangère, roman autobiographique inspiré de l'œuvre phare d'Albert Camus publiée il y a 80 ans, Claudia Durastanti offre son propre récit comme miroir d’un sentiment à la fois tout particulier et universel ; celui de se sentir étranger à soi-même et aux autres. Italienne née aux États-Unis, elle raconte son histoire et celle des générations de femmes qui l’ont précédée avec précision et délicatesse.
Nos étrangetés, Les SUBS | Mercredi 18 mai | 19h


Mariana Enriquez / Argentine


S’inscrivant dans la lignée de Lautréamont ou Lovecraft, Mariana Enriquez questionne la place du mal et de la violence en littérature. Considérée comme « l’héritière de la tradition du “grand roman latino-américain“ » par le jury du prestigieux prix Herralde, elle signe avec Notre part de nuit (Éditions du Sous-Sol, 2021, trad. Anne Plantagenet) une œuvre comparée à Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez. Son roman est une plongée mystérieuse dans l’obscurité de l’Argentine dictatoriale.
Le sommeil de la raison engendre des monstres, Les SUBS | Mercredi 18 mai | 21h


Mónica Ojeda / Équateur


S’inscrivant dans la lignée de Lautréamont ou Lovecraft, Mariana Enriquez questionne la place du mal et de la violence en littérature. Considérée comme « l’héritière de la tradition du “grand roman latino-américain“ » par le jury du prestigieux prix Herralde, elle signe avec Notre part de nuit (Éditions du Sous-Sol, 2021, trad. Anne Plantagenet) une œuvre comparée à Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez. Son roman est une plongée mystérieuse dans l’obscurité de l’Argentine dictatoriale.
Le sommeil de la raison engendre des monstres, Les SUBS | Mercredi 18 mai | 21h


Jan Carson / Irlande du Nord


« La paix n’a jamais paru vraiment stable en Irlande du Nord. Aujourd’hui, elle est d’une fragilité presque insupportable. » Dans son dernier roman Les Lanceurs de feu (Sabine Wespieser, 2021, trad. Dominique Goy-Blanquet), l’auteure met en parallèle le quotidien de deux pères de famille, l’un et l’autre rongés par l’angoisse pendant « l’Été des grands feux », ces trois mois de tension en 2014 quand menaçait un retour des Troubles en Irlande du Nord. Jan Carson a une œuvre multiforme, incisive et engagée, entre romans, nouvelles, ateliers d’écriture et spoken word.
Écrivaines et héritières, Villa Gillet | Jeudi 19 mai | 20h


Javier Cercas / Espagne


Javier Cercas, figure éminente de la littérature espagnole, mêle dans ses romans fiction et réalité. Guerre civile espagnole, franquisme : l’histoire est pour Javier Cercas une matière infiniment malléable et inventive. Avec Terra alta (Actes Sud, 2021, trad. Aleksandar Grujicic et Karine Louesdon), l’auteur, qui« a senti l’urgence de se réinventer », adopte la forme du roman policier pour explorer différemment la tragédie de la guerre civile espagnole. Tout en offrant aux lecteurs un polar haletant, Javier Cercas ne cesse de nous rappeler que « le passé est une dimension du présent sans laquelle celui-ci est mutilé ».
Comprendre les bourreaux, écrire les récits manquants, Villa Gillet | Vendredi 20 mai | 18h30


Gabriela Cabezón Cámara / Argentine


Auteure et militante féministe, Gabriela Cabezón Cámara publie en traduction française une trilogie déjantée dont Les aventures de China Iron (éditions de l’Ogre, 2021, trad. Guillaume Contré) est le premier volume. En proposant une relecture féminine et féministe de Martín Fierro, poème épique fondateur de la littérature argentine, l’autrice apporte un regard neuf et incisif sur les mythes littéraires et nationaux. Cette « Odyssée fantasque et queer », finaliste en 2020 du très prestigieux International Booker Prize, a ainsi propulsé Gabriela Cabezón Cámara sur le devant de la scène littéraire internationale.
Résistance et liberté, Villa Gillet | Vendredi 20 mai | 20h
Corps vivants en résistance, Villa Gillet | Samedi 21 mai | 15h


Milton Hatoum / Brésil


« Mes romans ont un lien avec ma trajectoire personnelle, dans la vie et en tant que lecteur », confie Milton Hatoum. L’écrivain brésilien d’origine libanaise, devenu l’un des grands noms de la littérature brésilienne, a vécu 18 ans sous une dictature militaire, il était important pour lui de dédier l’un de ses romans à cette période sinistre de l’histoire de son pays. C’est ce que ce « flaubertien dans l’âme », comme il le formule lui-même, a réalisé dans La Nuit de l’attente (Actes Sud, 2021, trad. Michel Riaudel), véritable éducation sentimentale, politique et artistique, dans le Brésil des années 1970.
L'histoire sous tous les angles, Villa Gillet | Vendredi 20 mai | 21h30


Richard Flanagan / Australie


Originaire de Tasmanie, île australienne au large de la côte sud du pays, Richard Flanagan est resté viscéralement attaché à cette terre. Il n'a cessé d'en revisiter l'histoire et la mémoire au fil de son œuvre. La mer, la forêt vierge, les animaux rares sont autant de sources poétiques et narratives pour le lauréat 2014 de l'International Booker Prize. Son dernier roman Dans la mer vivante des rêves éveillés (Actes Sud, 2022, trad France Camus-Pichon) alerte sur la fragilité de ces paysages menacés par les mégafeux, la canicule et une disparition accélérée de la biosphère. Cette grande figure de la littérature australienne inaugure les "Entretiens de l'eau", nouveau rendez-vous du festival.
Entretiens au fil de l'eau, Villa Gillet | Samedi 21 mai | 14h

Alice Kaplan / États-Unis


Essayiste, historienne, professeure de littérature française à l’université de Yale et spécialiste de l’œuvre d’Albert Camus, Alice Kaplan signe avec Maison Atlas son premier roman. Son œil et sa plume d’historienne font de ce double récit familial un véritable document historique sur la « décennie noire », guerre civile algérienne des années 1990, pan de l’histoire souvent méconnu. Alice Kaplan rencontre l'écrivain français Christophe Boltanski dans le cadre du programme « Opening New Ground », série de grands dialogues entre les deux scènes littéraires française et américaine, de part et d’autre de l’Atlantique.
Le réel et le récit | Villa Gillet | Samedi 21 mai | 18h


Olivette Otele / Cameroun/France


« Il y a une histoire commune entre Africains et Européens, faite de brutalité mais aussi d’échanges. » Professeure et chercheuse originaire du Cameroun, Olivette Otele a consacré ses travaux à l’histoire de l’esclavage et du post-colonialisme. Première femme noire à présider une chaire d’histoire au Royaume-Uni, elle est l’auteure d’Une Histoire des Noirs en Europe (Albin Michel, 2022, trad. Guillaume Cingal), élu meilleur livre de l’année 2020 par le The Guardian et History Today. Cet ouvrage est une synthèse inédite sur la présence des Noirs en Europe, du IIIe siècle av. J.-C. à nos jours, une histoire qui « ne peut pas être réduite à l’esclavage et à la colonisation, comme c’est souvent le cas », souligne l'auteure.
Récits du colonialisme et de l’esclavage, Villa Gillet | Samedi 21 mai | 19h30
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