LES PUBLICATIONS
Cent seize Chinois et quelques
Thomas Heams-Ogus
Seuil
- 2010
En 1941, tous les Chinois d’Italie sont internés dans la région des Abruzzes, au pied de la montagne du Gran Sasso, dans le sanctuaire de San Gabriele où est installé leur camp, mais aussi dans les alentours, à Tossicia ou Teramo. À l’intérieur de ce périmètre d’une vingtaine de kilomètres, cent seize Chinois et quelques vont ainsi passer trois ans, confinés en semi-liberté, comme une masse indistincte, sans comprendre réellement les raisons de leur arrestation ni de leur internement, si ce n’est l’immense absurdité du fascisme, avec le climat étouffant et grotesque qu’il a instauré.
Travail aux champs ou dans les fermes, longues attentes, désœuvrement, souvenirs ressassés, observation du paysage dans les moindres détails, mutisme et immobilisme. Pas de révolte dans le camp, mais une insondable soumission et même, pour certains d’entre eux, une conversion au catholicisme – journée mémorable où le ban et l’arrière-ban des autorités religieuses et politiques se déplacent pour quelques heures d’hystérie triomphatrice. Et ce, jusqu’en 1943 où, tout à coup, la machine fasciste s’enraye et où les Chinois quittent le camp sans que personne ne leur demande de comptes. Certains rejoignant les rangs de la résistance, prêts à en découdre, d’autres s’évanouissent dans la nature sans qu’on sache ce qu’ils deviendront.
en savoir plus